Revers

Il sort à peine de sa douche et, humide encore, s’est allongé sur le ventre sur le lit, très occupé à jouer sur son téléphone. Le soleil frappe en plein sur sa peau nue et s’accroche aux gouttelettes oubliées sur ses fesses.
J’aime passionnément les fesses des hommes, quand elles sont denses et fermes, rondes mais pas trop, avec de larges fossettes de chaque côté qui se creusent quand les jambes s’étirent.
Les siennes sont à tomber par terre. Je ne peux m’empêcher quand il les dévoile de les caresser, de les empoigner, de me lover contre elles et de m’extasier intérieurement sur leur perfection.
Ses fesses sont disponibles, abandonnées à mon matage en règle, sans même qu’il en ait conscience, ou vaguement.
Je m’approche, je m’assois au bord du lit, je me penche et je commence à les arpenter de ma langue, mes mains entourant son bassin.
Il n’a pas abandonné son téléphone, mais se cambre très nettement. Je poursuis mon exploration, ma langue suit la déclivité naturelle et vient se nicher lentement à l’entrée de son cul. Pour ne pas l’effaroucher, ma langue se fait timide et légère. Il a posé son téléphone et commence à se tortiller et à gémir doucement. Son plaisir aiguise mon appétit et ma langue se fait plus insistante et s’insinue plus profond. Au creux de mon ventre je sens la pulsion de vie qui s’éveille et palpite, remonte ma colonne vertébrale et explose dans mon plexus solaire. Sa respiration s’accélère et mon cœur bat plus vite et plus ample. Avec application, j’accompagne ses gémissements qui s’amplifient au rythme de ses mouvements de hanche.
Il s’ouvre à moi… Quand je le sens prêt, je le retourne et ma bouche engloutit sa queue durcie, pendant que mes doigts remplacent ma langue.
Je cherche à atteindre le point extrême de son plaisir, mais je ne vais pas plus loin que ce qu’il peut m’accorder. Je me délecte avec volupté de son abandon total et conscient. Je le suce, intensément, et mes doigts serrés dans son cul le caressent de l’intérieur pour submerger ses sens.
Il halète, étouffe un cri et une giclée chaude et épaisse, puis une autre, s’épandent dans mon arrière-gorge. Je déglutis, quelques perles blanches au coin des lèvres, je lèche ses couilles et son ventre pour ne pas omettre une seule goutte de son sperme. Puis je retire, lentement, précautionneusement, mes doigts de leur fourreau.

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A distance

Voulez-vous que je vous conte l’absence?

L’absence n’est rien qu’une empreinte en creux de tout ce qui a existé et tout ce qui n’est plus. L’absence est comme ces moulages en plâtre de mains d’enfants. L’absence est pleine de petits détails superflus, de lignes de la main et d’empreintes de doigts mais elle n’a ni la couleur, ni l’élasticité, ni la chaleur de la paume. La main telle qu’elle est figée ici n’existe plus et n’a jamais vraiment existé.

Il me manque.

Je ne sais pas s’il a usé de la liberté que nous nous sommes laissés, j’en suis incapable. Je suis presque persuadée que non d’après ce que je ressens, mais je ne suis pas lui, il est possible que je me trompe. Ça a peu d’importance, dans un sens ou dans l’autre. De mon côté, je me sens toujours désespérément excitée par lui et pas par d’autres, moi qui aime tant les hommes. Je les trouve beaux, je reconnais la pulsion sexuelle aussi vers eux mais ça ne va pas plus loin, il n’y a pas d’envie lorsque j’aimerais qu’elle y soit.

L’absence me prive de désir, moi, la désirante.

Il m’est difficile d’atteindre le plaisir seule. Je ne parle pas du plaisir machinal de se branler – celui-ci est presque systématique, mais limité car il n’implique que le corps, et si celui-ci exulte, le cerveau s’ennuie. Lorsque je compare cela à l’épuisement complet qui me vient après avoir partagé l’amour avec lui, à la certitude que lui et moi pouvons tout montrer et tout faire sans que rien ne soit déplacé, parce que l’espace que nous avons construit autour de nous permet cela, cela me semble bien pauvre.

J’essaie de ne pas penser à lui quand je me masturbe, je ne crois pas que je pourrais jouir en pensant à lui et en ressentant de manière aiguë tout ce qu’il me manque pour convoquer sa présence – la densité de sa chair, sa voix, les textures sons odeurs et images qui le composent, sa présence, son amour tendre et fougueux, ses doutes et ses désirs, sentir ce partage par tous mes sens et pouvoir jouir de tout à la fois, car chacun de mes sens m’envoie une information qui m’excite. Me toucher devient un acte assez mécanique mais agréable, parfois esthétique si je mate un très bel homme en train de se branler.

Et parfois… Sa pensée m’a prise au dépourvu parce que dans le couple que je regardais baiser l’homme lui ressemblait de profil et bien entendu ça m’a frappée juste avant l’orgasme, et tout est venu d’un coup et j’ai joui, beaucoup, comme ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé et puis immédiatement j’ai eu ce sentiment de perte terrible et j’ai chialé tant que j’ai pu, et tout ce que je refoule tant que je peux m’est revenu en pleine face.

L’absence est une pensionnaire encombrante que je ne veux pas congédier car elle est tout ce qui me reste de lui.

Devant moi

Branle-toi devant moi,
Mon fier sans orgueil,
Mon pudique lascif,
Joue à ce jeu sérieux l’espace d’un instant.

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Mon humble généreux,
Laisse-moi contempler ton souffle qui s’accélère
Et ta bouche qui gémit de ce qui monte en toi.
A pleines mains,
En caresses légères,
En étrillages fébriles,
Quand ton corps devient lourd de l’espoir qui éclot.

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Chavire et laisse-moi voir,
Le temps où tout s’arrête
Le point d’orgue qui s’étire dans ta partition…

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Ton sperme qui jaillit en trois ou quatre gerbes blanches,
Ton sexe dur encore qui se pose, serein, sur ton ventre,
Ton souffle qui s’allège,
Et le reste de sourire égaré sur tes lèvres.

Prière

Mon amant d’une nuit,
Que ta queue soit dure,
Que nos heures soient longues,
Que nos quatre volontés soient faites.
Donne-moi cette nuit des orgasmes multiples,
Éperonne mes flancs
Comme j’éperonnerai les tiens et ceux qui te suivront.
Soumets-moi toujours plus à la tentation,
Délecte-toi de moi.
Recommence.

L’homme de ma vie

Dans le clair obscur de mon salon ta beauté, puissante, flamboie. Agenouillée entre tes jambes, j’embrasse le paysage qui s’offre à moi, de ta queue dressée à tes yeux lumineux, ta toison dans laquelle j’enfouis mon visage pour te respirer à pleins poumons, sous mes mains ton ventre et ses marques aimées que je ne peux m’empêcher de caresser encore. Ma langue s’égare et vient lécher les gouttes laiteuses qui perlent en haut de ton gland, celles que tu étales parfois sur ma chatte avant d’introduire tes doigts en moi.
Je t’enserre de ma bouche. Le désir du jeu est supplanté par un besoin plus viscéral; pas celui d’être remplie mais celui de te donner un plaisir que je sais écrasant, ton cœur qui peine à s’y retrouver dans tous ses battements et tes frissons qui se prolongent.
Ton plaisir monte en ondulations et grondements étouffés et j’accompagne sa progression de tout mon corps. Dans cette position, je peux ancrer mes yeux dans les tiens. Ton regard déborde de mots au delà des mots et mon cœur explose en silence de t’aimer trop.
Lorsque je te suce, il y a un moment où ça bascule – le rythme ne change pas vraiment, ni la sensation de ta queue dans ma bouche, ni ta respiration, je ne sais pas te dire comment je le sais, mais à ce moment là, ta queue glisse toute seule, elle est recouverte entièrement de ma salive et de tes sécrétions. A ce moment là, il y a comme une urgence dans l’air, il n’est plus temps de te relâcher pour aller lécher doucement tes testicules ou promener ma langue le long de ta verge. A ce moment là commence la longue descente en apnée, car le rythme accélère et ma bouche se resserre.
Tu te cambres et tes reins me donnent la cadence, je m’accorde à ce que ton corps réclame, sous mes lèvres et ma langue qui glissent je sens les veines gonflées de ta queue. La sueur goutte à nos fronts et notre corps à corps se resserre, je t’entends je te vois je te sens et le plaisir monte en moi aussi. Tu frémis et te cambres un peu plus, et je sais que mon va et vient sera le dernier avant l’explosion. Mon cerveau ne sait pas gérer l’afflux titanesque de sensations et d’émotions et contemple, effaré, ce qui se joue en cet instant. Tu exploses. Et dans un grand flash de chaleur, je jouis aussi, d’un orgasme mental violent qui laisse mon corps essoufflé et frustré de sensations.
L’homme de ma vie.
Ne te méprends pas, ceci n’a pas valeur d’éternité, je ne sais pas si tu seras l’homme de toute ma vie, de ma vie plus tard, je le rêve parfois mais il m’arrive aussi d’inventer notre rupture et de pleurer tout bas quand tu dors contre moi.
Tu es l’homme de ma vie de maintenant, l’homme que je désire chaque jour. L’homme à qui j’envoie mes doutes et mes peines et qui me console sans mot superflu, l’homme que j’enflamme et qui me le rend bien, celui à qui je peux écrire des mots de putain et de sainte et qui ne fait pas la différence, parce que tout ça c’est moi.